• Jilda Hacikoglu

Rouages de composition & remparts face aux textes fades

Produire Les phares de San Francisco a été un accélérateur d’expérience.


Comme le calendrier était impitoyable je repérais vite les efforts les plus efficaces pour arriver à boucler un épisode. Jusqu'à ce que la bonne idée arrive, tout ce qui faisait avancer était une aubaine.


D'ailleurs pour rappel : les bonnes idées ne tombent pas forcément du ciel à l'état parfait. La plupart arrivent au bout d'un certain volume d'effort sur quelque chose de mauvais, au départ.


De fait certaines mécaniques étaient de sacrés jokers pour avancer ou relancer la machine.

Après le revival rock’n roll d’idées en jachère et autres bienfaits d’un engagement tout personnel, voici donc ces leçons plus techniques et tout aussi importantes.

Des rouages dont il est bon de savoir user pour affûter l'écriture quand vous pataugez... et même avant !



Le premier de tous ces rouages est un classique que l'on sous-estime. Même en le connaissant déjà, je l’appliquais peu et surtout trop tard.

C'est pourtant un superbe raccourci (surtout si comme moi vous pouvez réviser longtemps un premier brouillon).

Ce raccourci c’est LIRE A HAUTE VOIX & S'ECOUTER !


Avez-vous du mal à simplement énoncer le texte ?


Est-ce que vous vous ennuyez dans l'exercice ?


A quel moment précis cette lecture vous est pénible ?

Qu'est-ce qui au contraire vous rend enthousiaste en le disant ?


Quelle phrase, quel mot, quelle tournure ?


Cette lecture-ci est là pour traquer, à froid, ce qui suscite toutes ces réactions.



Avec un manuscrit à adapter en podcast, cette lecture à haute voix m'était d'emblée obligatoire.

Elle m'a permis de sentir instantanément les lourdeurs, quand taillader l'imbittable et soyons clairs, où requinquer précisément mon propos foireux. Y compris quand tout semblait irrécupérable. Surtout dans ces cas-là d'ailleurs...


Ce qui mène au comment améliorer.


Là j'avais le choix entre diverses démarches favorites, que j'appliquais généralement dans cet ordre (mais c'est indicatif, et dans la réalité on y revient souvent en boucle) :


  • la sélection d'extraits phares dans mes interviews enregistrées ; je voulais qu'on entende le phrasé original de mes stars pour sentir en direct ce qu'ils dégageaient, tous, de si singulier ; je choisissais donc ceux qui selon moi rendaient le mieux ce que j’avais compris et vécu en leur compagnie,


  • le tri basique des types de contenus dont je disposais pour l’épisode (ces extraits, leur traductions, les grands sujets sur le personnage et ceux sur San Francisco),


  • l'assemblage par thématique, pour limiter le redondant et choisir un agencement fluide,


  • jouer avec l’ordre de présentation (vivent les inversions surprises !), comme une version plus créative de la pyramide inversée des journalistes,


  • bichonner l'introduction, les transitions et la chute, qui teintent un épisode, créent des contrastes ou ouvrent des perspectives... Un véritable mortier qui tient votre composition,


  • choisir les fonds musicaux et autres habillages sonores qui "collaient" à chaque partie (toujours selon moi) ; comme lorsqu'on distille une atmosphère mystère avec une lumière tamisée - au contraire d'un soleil éblouissant - de quoi densifier ou souligner le verbe...


  • combiner sans états d'âme différents types de contenus ; par exemple au lieu de traduire en simultané ou en décalé mes extraits (en anglais U.S.), j'arrangeais une traduction qui s'articule à ce que je disais au moment de l’épisode ; pour garder une logique d'animation,


  • Enfin, le dernier mais non le moindre : retirer, renoncer, enlever tout le superflu ! Peut-être parce que je suis bavarde, il en restait toujours, & plus je trouvais de quoi retirer, meilleur cela devenait : léger, efficace. Tout décollait mieux 🌟



Bonus : pour chacune de ces techniques, le fait d'en jouer est générateur d'idées.

Ce qui donne autant de matière avec laquelle choisir un axe de composition. C'est le côté infini de la création...



Ces méthodes ont quelques traits recyclables simples & tous terrains :


🔶 Jongler avec les "briques de construction" existantes & leur caractéristiques propres; cela suppose de les identifier (dans mon cas extraits sonores bruts, traductions, récit subjectif et fonds sonores),


🔶 Repérer les axes essentiels et les classer par thème (ce que je tenais à aborder pour chacun de mes phares, et les facettes de San Francisco que j’apprenais avec eux),


🔶 Choisir des jointures qui rythment et structurent l'ensemble : introduction, transitions et conclusion que pour ma part, j’aimais directes et fantasques (mon goût de coach écrivaine).



Plus on s’y met plus on découvre d’autres techniques en fonction de ce que l’on travaille. C’est pour cela que les changements de forme sont féconds. Ils sont un creuset pour améliorer vos projets futurs.


Même si vous ne persistez pas dans une forme donnée, votre effort n'est jamais perdu.

La nécessité de vous y couler conduit à vous forger vos nouvelles armes… Ces fameux rouages bien pratiques.


Ce qui nécessite quand même un état d'esprit... adapté. Un peu naïf peut-être, mais surtout prêt à y aller.

Dans mon cas je prenais les choses comme un jeu. Comme si je cherchais les solutions sur ce nouveau terrain. Tâtonner et essayer pour voir me coûtait alors un peu moins. Après tout il est naturel de tomber pour s'entraîner.


Un état d'esprit que Page Sauvage, la dernière astuce proposée dans ma lettre de coach du 1er juin cherche à éveiller 🧞‍♂️. Ecoute minute par ici 👉




Moralité : l'inspiration est un pas, la structure & la technique en sont la suite. C'est avec les deux qu'on se tient debout, et qu'on avance !


Avis bienvenus en commentaires, mais si la confiance ou le courage vous manquent, je vous accompagne volontiers pour que votre idée géniale aussi trouve ses meilleurs appuis.


Foi de coach des idées qui veulent tant passer à l’action : elles existent !


On en parle quand vous le sentez. 🤓


A bientôt pour les leçons suivantes... ou le coaching de votre idée géniale. 😉




Jilda Hacikoglu, coach écrivaine formatrice,

créatrice du podcast qui éclaire 👉 Les phares de San Francisco


Côté ressources, je vous propose ma lettre de coach le 1er de chaque mois. Abonnement & aperçu par ici.


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